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Les ambulances aériennes du Kent, du Surrey et du Sussex ont mis à l’essai une application pour smartphone qui permet aux médecins et aux ambulanciers paramédicaux de visionner une vidéo en direct de la scène d’une urgence avant leur arrivée sur les lieux. L’équipe derrière l’application GoodSAM travaille maintenant avec l’East Midlands Ambulance Service pour voir si le streaming pourrait être utile au NHS Trust.

L’application fonctionne en envoyant un message avec un lien vers le téléphone d’une personne qui, lorsqu’il est ouvert, demande l’accès à la caméra. « Du point de vue clinique, ce qui est vraiment étonnant ici, c’est la capacité d’accès au téléphone portable des gens sans avoir besoin d’une application ou autre » dit Mark Wilson, fondateur de GoodSAM et neurochirurgien à l’Imperial College London.

L’espoir est qu’une plus grande vitesse de réponse entraînera un meilleur pronostic vital, en permettant aux services d’urgence de répondre rapidement et de manière appropriée aux besoins des blessés. L’innovation de GoodSAM est le fruit d’une collaboration de quatre ans avec le Kent, Surrey et Sussex Air Ambulance Trust. La possibilité de demander un flux vidéo en direct s’appuie sur des fonctions telles que la localisation et un système d’alerte qui permet de localiser les premiers secouristes à proximité qui pourraient être en mesure de vous aider.

« Cela signifie être capable de voir la scène, par exemple la blessure, combien de voitures sont impliquées, l’ampleur de l’incendie, la hauteur de la chute… Puis de voir le patient et de déterminer à quel point ils sont blessés » dit Wilson. Cela peut permettre d’examiner une victime, ce qui donnera aux professionnels formés une idée précise de son état.

Les nouvelles fonctionnalités de l’application permettent également au personnel médical de mesurer à distance le pouls d’un patient. Cela apporte un détail important qui permet aux services d’évaluer l’intensité de la douleur du patient et la gravité de son état. « Nous pouvons fournir des soins avant même d’y arriver et nous pouvons commencer à faire notre travail dans les secondes qui suivent l’appel » dit Wilson. Ces fonctions peuvent être utilisées sur n’importe quel smartphone ou réseau.

D’un point de vue technologique, le flux vidéo utilise une optimisation de fréquence d’image élevée qui assure une qualité aussi élevée que possible et donc la meilleure capacité à relayer la scène et l’état du patient. Le flux apparaît à côté d’une carte qui peut ensuite être partagée avec d’autres services d’urgence. « Nous avons un système de traitement très puissant » déclare Ali Ghorbangholi, directeur technique de GoodSAM.  » Que l’utilisateur puisse diffuser une vidéo en continu sans décharger la batterie est essentiel ici » dit-il. Cette vidéo est ensuite analysée à l’aide d’une technologie d’apprentissage automatique qui effectue une analyse multicouche permettant de détecter la fréquence cardiaque en fonction de multiples paramètres, comme les changements de couleur d’un patient ou les mouvements de son visage.

Bien que ce dispositif soit encore à l’essai et qu’il n’ait pas encore été approuvé par le MRHA, sa marge d’erreur est de moins de dix battements par minute. La vidéo est programmée pour se couper automatiquement si elle détecte des interférences.

Ce nouveau dispositif a été mis à l’essai au cours des six dernières semaines avec les ambulances aériennes dans le sud-est Britannique, souvent dans le cadre d’incidents plus graves. Richard Lyon, médecin de Kent Surrey et Sussex Air Ambulance, souligne comment l’application peut aider les experts médicaux à voir à travers le « brouillard » souvent présent dans les situations d’urgence et à évaluer les faits critiques. « Quand il s’agit d’un accident de voiture, cela peut souvent avoir l’air assez dramatique, avec une voiture accidentée et du verre partout. Les voitures peuvent être à l’envers ou sur le côté. On peut obtenir des informations indiquant par exemple que des personnes sont coincées dans la voiture » explique Lyon.

« Pour un passant non professionnel, la gravité de la situation peut paraître pire qu’elle ne l’est vraiment » dit-il. « Ce qui peut sembler être un accident très grave peut en réalité ne pas l’être, les personnes impliquées peuvent ne pas être blessées de manière significative. Inversement, cela peut ne pas paraître si grave, mais en fait la personne est gravement blessée. »

On espère que l’utilisation des smartphones peut aider à diriger efficacement les bons moyens vers les incidents majeurs et à comprendre où la situation est la plus critique.